Les voix du Digital Learning
Louis Pruvost - L'interculturel en formation
Les voix du Digital Learning : Louis Pruvost - Communication interculturelle
Louis Pruvost est copywriter et ghostwriter pour des entreprises de l'EdTech, mais surtout formateur et professeur adjoint en communication interculturelle. Dans cet épisode spécial des Voix du Digital Learning, Louis partage son expertise sur l'importance de prendre en compte la multiculturalité des publics en formation, qu'elle soit liée aux nationalités, aux générations, aux milieux sociaux ou aux styles d'apprentissage. Son approche révèle que la diversité culturelle va bien au-delà des stéréotypes nationaux et impacte profondément la manière dont les apprenants apprennent et interagissent.
📍 Description générale du sujet
L'interculturel en formation ne se limite pas à gérer des participants de nationalités différentes. Louis insiste sur le fait que même au sein d'un groupe apparemment homogène (même nationalité, même milieu social), il existe une pluralité culturelle basée sur les méthodes d'éducation, les styles d'apprentissage, et les rapports à l'autorité ou à la hiérarchie.
Louis enseigne notamment à l'IESEG, l'ESCP, l'ISIT et donne des formations à HEC. Son expérience montre que les différences culturelles influencent profondément : le rapport à l'autorité (respect absolu vs remise en question constructive), la manière de donner du feedback (direct vs indirect), l'attention et l'engagement, et les méthodes d'évaluation.
Un point clé : la culture est invisible comme l'eau pour le poisson. C'est en faisant verbaliser les participants sur leurs habitudes d'apprentissage qu'on peut révéler et travailler ces différences.
🎓 Détail des conseils pédagogiques énoncés dans l'épisode
Prendre conscience de la diversité : Utiliser des tests comme le Diversity Icebreaker, le COF (Cultural Orientation Framework) de Philippe Rosinski (gratuit et multilingue), ou le test de préférences culturelles de Gapsmoov. Ces tests permettent de révéler les différences sans mentionner les nationalités, évitant ainsi les biais.
Faire verbaliser : Encourager les participants à exprimer explicitement leurs habitudes d'apprentissage, leurs attentes, et leur rapport au formateur. Cela permet de rendre visible l'invisible et de créer un terrain commun de compréhension.
Adapter son animation : Varier les styles d'apprentissage (référence au modèle de David Kolb), alterner entre magistral, interactif, travail en groupe, réflexion individuelle. Ne pas se limiter à une seule approche pour toucher tous les profils.
Gérer le feedback : Proposer des formats variés pour recueillir les retours (oral, écrit, anonyme, en sous-groupes avec un rapporteur). Certains publics ont du mal à donner un feedback direct au formateur, notamment par crainte de "faire perdre la face".
Composer les groupes intelligemment : Mélanger les profils plutôt que de les regrouper par nationalité, sauf en cas d'urgence opérationnelle. Cela favorise l'apprentissage mutuel et l'ouverture.
Adapter l'évaluation : Multiplier les critères de notation pour ne pas favoriser un seul style (ex: ne pas tout miser sur l'oral si certains ne sont pas à l'aise avec la prise de parole publique).
Maîtriser la langue : En contexte international, privilégier un anglais simple (globish) plutôt qu'un anglais parfait qui peut intimider. L'important est l'expertise métier et la pédagogie, pas la maîtrise linguistique.
Attention à l'humour : Trouver le dénominateur commun du groupe pour utiliser l'humour de manière inclusive, sans exclure ou blesser.
💡 Éléments annexes
Outils de tests culturels :
- COF (Cultural Orientation Framework) de Philippe Rosinski : gratuit, multilingue
- Diversity Icebreaker : payant
- Test de préférences culturelles Gapsmoov : pour les professionnels
Références pédagogiques :
- Styles d'apprentissage de David Kolb
- Approche MPFA (Mobiliser, Préparer, Former, Ancrer)
Citation clé : "La culture est à l'être humain ce que l'eau est au poisson" - invisible mais omniprésente
Rôle de l'IA : Louis utilise l'IA (ChatGPT) pour les tâches répétitives et le formatage, mais conserve l'écriture personnelle pour garder "une patte et une âme". Il voit l'IA comme un outil qui va pousser chacun à être meilleur plutôt qu'une menace.